25 ans aprés la fin de l'Apartheid

Afrique du Sud : 25 ans aprés la fin de l'Apartheid

La fin du régime d’apartheid en 1994 marquait le début d’un vent d’espoir en Afrique du Sud, celui d'un changement politique et économique. 25 ans plus tard, nous jetons un coup d'œil sur ce qui en est advenu de cette ambiance initiale de changement.

Dans une série d'entrevues, nous avons recueilli les points de vue de la société civile, du monde universitaire et des médias d'Afrique du Sud et des anciens États alliés de l'ANC, du Sénégal, du Nigeria et du Kenya. Ensemble, ils dressent un tableau de ce que la lutte contre l’apartheid a été en Afrique et soulignent son importance pour tout le continent t tout en traçant les contours des défis auxquels l’Afrique du Sud est encore confrontée, aujourd’hui.

Le Sénégal dans la lutte contre l'apartheid : la rencontre de Dakar

La lutte contre l’Apartheid en Afrique du Sud fut soutenue partout sur le continent africain. En Afrique de l’Ouest, plus précisément au Sénégal, la conférence de Dakar de 1987 a marqué un tournant décisif dans la lutte contre le système ségrégationniste et violent en Afrique du Sud. Nous revenons sur cet épisode oublié dans l’histoire du continent. La conférence de Dakar se tenait sur l’Ile de Gorée et marquait la naissance de l’Institut de Gorée qui à ce jour s’engage pour la mise en place de sociétés paisibles, justes et autosuffisantes en Afrique à travers le dialogue politique pour la résolution pacifique des conflits.

 

 « 1994 a été une année spéciale en Afrique. Une année à la fois d’espoir et de crainte.

A quelques jours près, elle a été marquée par cette folie furieuse au Rwanda où on partait sur des référentielles identitaires pour tuer et massacrer alors que pas très loin, l’Afrique du Sud venait de se débarrasser de ce vieux régime ségrégationniste.

L’espoir, c’était vraiment l’avènement d’une République sud-africaine, multiraciale et démocratique et les craintes, c’était de pouvoir, malgré cette lourde histoire vécue et cette expérience singulière, retomber dans les travers de tout ce qu’on colle à l’Afrique comme mauvaise image. Donc 1994 est vraiment une année symbolique pour le continent noir.

Pour l’Apartheid, 25 ans après, il faut certainement célébrer l'occasion mais il faut surtout en avoir une lecture qui nous permette, à nous les Africains d’abord, de voir ce que nous aurons retenu et appris de de cette histoire.

Les épisodes de cette histoire si particulière en Afrique, méritent d’être contés ...»

 

Abdoul Salam Wane, Responsable administratif et des relations avec l’État au Gorée Institute

La rencontre de Dakar - Abdoul Wane qui en fut témoin, raconte.

Entrevue

Abdoul Wane a été témoin de la rencontre de Dakar où il a travaillé en tant que membre de l’équipe chargée de l’accueil des participants. Ce qui était, pour le jeune étudiant, une manière de gagner de l’argent, a également été l’occasion pour lui de découvrir « ces Sud-Africains qui ont vécu en autarcie pendant des années et qui débarquaient sur le sol sénégalais ».

Mise en perspective historique avec Gorée Institute

Entrevue

Mamadou Seck, Coordonnateur du programme gouvernance et processus politique au Gorée Institute, nous fait une mise en perspective historique en remontant encore plus loin dans le temps, avant même le fameux discours de La Baule [1]qui a été, comme il le souligne, « le moment où François Mitterrand avait décrété le vent de la démocratie en Afrique ».

André ZAAIMAN qui a travaillé dans le service d'intelligence du Congrès National Africain (ANC) durant son combat contre l'apartheid raconte (anglais)

GOREE INSTITUTE est une organisation panafricaine de la société civile, qui a pour mission de contribuer à la mise en place de sociétés paisibles, justes et autosuffisantes en Afrique

Son Excellence Monsieur Abdou Diouf, ancien Président de la République du Sénégal (de 1981 à 2000) lors de la cérémonie de lancement de Gorée Institute (Juin 1992)

Contexte

En avril 1994, se déroulaient en Afrique du Sud les premières élections générales et libres, marquant la fin d´une décennie de lutte contre le régime de l'apartheid. De nombreux États africains ont soutenu la lutte du Congrès National Africain (ANC), au pouvoir depuis 1994 et qui occupe jusqu´à présent la position dominante en Afrique du Sud. 
Avec la libération sans précédent du joug de l´Apartheid, naissait l´espoir d´une profonde transformation de l´ensemble du système politique et économique ainsi que d´une Afrique du Sud démocratique, considérée comme une pionnière sur le continent. 
Plus de 25 ans plus tard, l´image de l´ANC, en tant que mouvement de libération infaillible et de la transformation réussie de la « nation arc-en-ciel » est depuis longtemps entachée.

La majorité de la population noire en Afrique du Sud vit toujours dans la pauvreté.

Les nombreux scandales au sujet du détournement de fonds publics, l'enrichissement personnel et les attributions illégales de postes effectuées par le président Jacob Zuma ont secoué la population sud-africaine et conduit à sa destitution en 2018. Les droits humains ont été mal appliqués et des incidents de violence xénophobe font sensation depuis des années.
Que reste-t-il de l´ambiance de renouveau qui régnait au départ en Afrique du Sud? Quelles réalisations y ont été faites? Où en est le pays aujourd´hui, en ce qui concerne la réforme agraire, la politique du logement, les droits des minorités sexuelles, la transformation socio-économique et la gouvernance ?
Nos interviews soulignent l´importance de la lutte contre l´apartheid en Afrique et les grands défis auxquels l´Afrique du Sud est aujourd'hui confrontée.